A propos de Neuch-a-venir.ch

vitaminesOn a coutume d’entendre que « la santé n’a pas de prix, mais elle a un coût ». Toutefois, comme toutes les simplifications, ce n’est que partiellement exact : s’il est vrai que la santé est un bienfait à nul autre pareil, ce n’est pas la santé qui coûte cher, mais la maladie et, surtout, les dysfonctionnements du système de soins.

Il n’y a pas à aller chercher très loin la preuve du rôle imputable à la gestion inefficace et inefficience des ressources : il suffit d’observer les coûts de soins augmenter d’environ 5% chaque année.

Ainsi, alors que les dépenses de santé atteignent en Suisse 11% du Produit Intérieur Brut (PIB), et que cette part est en constante progression, les citoyens ne semblent pas globalement en meilleure santé. Au contraire, d’après Barbara Starfield, les maladies nosocomiales (contractées en milieu hospitalier) et iatrogéniques (provoquées par la pratique médicale) causent 250’000 morts chaque année aux Etats-Unis, représentant ainsi la troisième cause de mortalité. Toutefois, le problème n’est pas que médical. La santé est aussi une question politique qui a besoin de citoyens et de communautés, et la conversion d’un problème médical en question politique est un élément central de l’amélioration de la santé, d’une part, et d’une utilisation plus rationnelle des ressources, financières d’autre part.

Nous assistons en effet, dans le canton de Neuchâtel, à un démantèlement des systèmes sociaux, sanitaires et éducatifs au motif qu’il faut assainir les finances cantonales. Il est indubitable que les mesures prises par le système politico-administratif auront un impact social qui, à son tour, influencera aussi la santé physique et psychique des citoyens et pourra aller jusqu’à entraîner un désenchantement, une douloureuse perte des repères et de sens. Ce qui ne manquera pas d’engendrer d’inutiles dépenses publiques et privées…

Le système de santé est comme un grand théâtre, avec sur scène des malades et des soignants. On y joue une pièce très ancienne dont le sujet est toujours la souffrance et la mort. C’est l’appareil politique qui se charge de la mise à jour du scénario moderne de ce drame, et c’est à l’administration qu’est confiée la mise en scène. Et il peut arriver, pour différentes raisons qu’il serait intéressant d’explorer, que le metteur en scène trahisse les intentions du scénariste.

Le canton de Neuchâtel est le quatrième canton le plus cher de Suisse s’agissant des coûts de soins par habitant, derrière Genève, Bâle-Ville et Vaud. Ce niveau durablement élevé des coûts reflète moins un dysfonctionnement du système de soins que l’incapacité du système politico-administratif à se remettre en question. Il apparaît en effet que les citoyens qui désirent apporter leur contribution à l’amélioration de la situation ont en effet énormément de peine à se faire entendre dès lors qu’ils osent émettre des critiques à l’égard du fonctionnement de l’administration : leurs propositions sont ignorées et ils sont tenus à l’écart des discussions.

S’agissant du système de santé, la question qui se pose dans le canton de Neuchâtel est de savoir si l’administration est au service des citoyens, ou si ce sont les citoyens qui sont au service de l’administration.

Alors, en définitive, pourquoi www.neuch-a-venir.ch?

Les créateurs du présent espace de discussion désirent offrir une plate-forme aux citoyennes et aux citoyens qui, principalement dans le canton de Neuchâtel, souhaiteraient s’exprimer sur la problématique de la santé, dans sa dimension globale, (physique, mentale, sociale, spirituelle), et systémique, c’est-à-dire du point de vue des relations que ces caractéristiques entretiennent entre elles. Leur souhait est ainsi de permettre au public de cette antique pièce de théâtre de s’exprimer sur le scénario, la mise en scène et sur le jeu des acteurs. Ils aspirent aussi à permettre au scénariste et au metteur en scène d’entendre les propositions du public, de façon à ce que la pièce garde tout son sens.

L’espoir des concepteurs su site est qu’il existe certainement des moyens pour réduire le déficit cantonal et le niveau anormalement élevé des coûts de soins dans le canton de Neuchâtel, pour peu que l’on se donne la peine d’identifier les problèmes à l’origine de l’augmentation des coûts et que l’on favorise la circulation d’informations qui bousculent l’ordre établi des certitudes toutes faites.